Les internationaux du Racing Metro 92

Comme toutes les grosses écuries du top 14, désireuses de jouer les premiers rôles, le Racing Metro compte dans ses rangs son lot d’internationaux. Est-ce une chance ou un handicap ? 

Une chance ? Oui. Ces joueurs cadres forment la colonne vertébrale de l’équipe.

Un handicap ? Aussi. Les périodes de sélection en équipes nationales privent les clubs  de leurs joueurs essentiels. Tournées pour les joueurs de l’hémisphère Sud (Sud Africains, Argentins), tournoi des 6 nations et tournées pour les Européens. Ces sélections sont assorties de périodes de repos obligatoires imposés par les fédérations ; double peine donc pour les clubs qui récupèrent des joueurs indisponibles.

Plusieurs  présidents de clubs ont pointé du doigt  cette anomalie. Le club est l’employeur du joueur et le rémunère. Malgré cela un tiers (la fédération) leur ordonne de ne pas le faire jouer.

En ces périodes de sélections seule la FFR nous offre  ce « monument » de l’organisation française, à savoir le « doublon », journée de TOP14 couplée avec une journée de tournoi ; faux doublons quand les joueurs sont en phases de préparation ou de récupération entre deux matchs. Et pourtant les présidents de la Fédération et de la ligue se gaussent (ou Goze) du protocole signé encadrant cette période. On a vu le résultat  ces  dernières semaines : des joueurs interdits de jeu par la fédé qui sont quand même alignés avec leur équipe en top14.

Les joueurs.

Max Machenaud. Dans un premier temps remplaçant de Doussain, ses entrées en jeu ont donné plus de rythme dans le jeu du XV de France, il a fait le « job ». La très mauvaise prestation de Doussain contre le Pays de Galles lui offre son retour comme titulaire lors des derniers matchs (Ecosse et Irlande). Machenaud, au top de sa forme, s’impose comme le 9 indiscutable de notre sélection. Aucun commentaire sur l’autre 9,  adepte des coups de poings et tête.

Luc Ducalcon. Rappelé dans le XV, il décline sa sélection suite à une blessure contre  l’Aviron Bayonnais lors d’un doublon.

Dimitri Szarzewski. Il commence le tournoi sur le banc. Dès ses premières minutes sur le pré, il montre qu’il a des cannes et de la rage. Rugueux en défense, il est aussi décisif ballon en main dans des phases d’attaques et de conquêtes. Il offre une très belle dernière passe à Fickou  après avoir fixé deux adversaires pour l’essai de la gagne contre l’Angleterre. Lors du doublon contre Castres, il se blesse sérieusement à la cheville. Indisponible pour le match contre l’Ecosse il est de nouveau titulaire « au talon » contre l’Irlande samedi soir au Stade de France. Le capitaine du Racing Metro, hormis sa blessure, a montré qu’il était l’un des cadres indiscutables du XV de France.

Bernard Leroux. Le troisième ligne aile des bleus s’est fait remarquer par ses deux prestations abouties lors de  ce début de tournoi. Travailleur infatigable, il met une énorme pression sur ses adversaires. Le tournoi s’achève pour lui suite à un énorme KO contre l’Italie. Le colosse de 113kg  sort vacillant sous les applaudissements d’un stade de France  reconnaissant.

Wenceslas Lauret.  Appelé peu de temps après sa reprise avec le Racing Metro, suite à une blessure, le Francilien a fait le job mais n’a pas été tranchant  dans ses prestations. Une sélection qui est peut-être intervenue trop tôt.

Marc Andreu. Dans le groupe suite à des  blessures de certains joueurs, l’ailier du Racing Metro n’a pas eu l’occasion de montrer le talent et la forme qu’il manifeste à Yves du Manoir.

Dan Lydiate. Le Gallois, dont les prestations avec le Racing ne sont pas à la hauteur de son talent, a fourni avec son pays  des matchs complets. On a pu retrouver ce joueur élu comme l’un des meilleurs à son poste. Dommage que le Gallois ne nous ait pas régalé lors de cette saison dans le top 14. Il ne lui reste que 5 matchs pour nous faire changer d’avis.

Jamie Roberts. Le centre du Pays de Galles et des Lions  est, sans nul doute,  le joueur le plus capable de percer la ligne d’avantage. Son physique impressionnant est redouté par les défenses adverses. Il a été pendant ce tournoi à la hauteur de sa réputation. Jamie Roberts doit maintenant prouver aux dirigeants du Racing Metro et aux supporters qu’il n’est pas seulement  un joueur « carte de visite » mais un compétiteur qui doit apporter le « plus » que l’on a vu lors de l’essai d’Andreu contre le stade Toulousain.

Mike Philips. Titulaire en 9 avec la sélection galloise, ses premières prestations peu convaincantes l’ont relégué sur le banc de touche. Remplacé par Webb qui tisse sa toile en 9. Mike Philips doit se montrer plus impliqué dans le jeu, que ce soit avec le pays de Galles ou le Racing.

Jonathan Sexton. Ses prestations avec l’Irlande sont à mille lieux de celles fournies avec le Racing, Docteur Jonathan et Mister Sexton . Là, on a vu le vrai Sexton ; capable d’orienter, d’accélérer le jeu et de marquer des essais (2 contre l’Italie)

Le vrai patron de cette équipe d’Irlande, c’est lui. A noter la fluidité des combinaisons initiées par le Francilien  avec ses partenaires au trèfle. Cependant Sexton nous a fait un coup de bluff avec une blessure qui devait l’éloigner des terrains  (entre 10 jours et 5 semaines, annoncé par L Labit lors de la conf de presse du Racing avant le match contre le CO), son forfait est donc acté pour cette rencontre du Top 14. Comme par magie, il est déclaré apte (3 jours après) par le staff médical Irlandais  pour la réception de la sélection Italienne.  La médecine Irlandaise n’est sans doute pas la même que la Française !!!

On peut dire que nos internationaux ont connu des fortunes diverses dans ce tournoi  mais que globalement ils ont répondu  présents. Souhaitons que physiquement ils n’aillent pas payer l’addition lors de ces dernières journées de phases régulières.

Des internationaux, c’est bien mais à quel prix ?

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